[Formation] Biais et irrégularités en environnement d'apprentissage

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[Formation] Biais et irrégularités en environnement d'apprentissage

Message par D. H. T. le Mer 9 Oct - 9:00

Biais et irrégularités en environnement d'apprentissage

La crise économique y contribuant, tout un chacun peut être amené à se reconvertir et à se former de nouveau à cette fin. Plus la formation choisie représente un enjeu certain en termes d'accès à un nouveau poste, plus des stratégies de déstabilisation peuvent être engagées de la part des formateurs quand le profil d'un candidat leur paraît, pour des raisons diverses, aller à l'encontre des idées qu'ils veulent faire passer. Ou alors, les méthodes en constante évolution occasionnent parfois des dysfonctionnements involontaires dans un ensemble de situations complexes. Ce constat est évidemment valable pour l'Education Nationale, où existe le risque d'une collusion entre les textes officiels, légitimes, et la propagande de certains intervenants, illégitime, à supposer que cette dernière existe, ce qui reste à établir si tel est le cas.

Dans un premier temps, ils ne vont pas forcément refuser le dossier du candidat en question. Soit ils peuvent décider de le faire entrer pour mieux le faire sortir après coup, soit les désagréments rencontrés ne sont que le fruit d'un malencontreux concours de circonstances, et personne n'est coupable d'un vice intentionnel. Il existe une présomption d'innocence, surtout quand les programmes sont chamboulés d'une année à l'autre et que les formateurs doivent eux-mêmes, à ce titre, faire face à un stress supplémentaire sans rien n'en laisser paraître.

La commission se prononce favorablement. Mais du retard est pris dans la transmission du dossier, dont la connaissance parvient in extremis depuis le siège de l'institution jusqu'à l'organisme de formation continue chargé de suivre les professionnels en évolution de carrière via la reprise tardive de leurs études. Point d'interrogation sur les raisons de ce retard puisque, apprend-on, la plupart des autres dossiers sont arrivés à temps. De retour au siège, la personne responsable en conclut elle-même, sans chercher plus loin, que le dossier a été égaré. Suite du scénario d'étude au prochain post.


Dernière édition par D. H. T. le Sam 27 Sep - 15:30, édité 1 fois
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Re: [Formation] Biais et irrégularités en environnement d'apprentissage

Message par D. H. T. le Sam 12 Oct - 18:06

Des malentendus peuvent surgir autour des notions de travail en équipe et de leadership, de qualités de dirigeant. La vision d'un chef d'équipe en force de vente ou d'un directeur commercial par rapport à l'organisation d'un groupe en environnement professionnel n'est pas la même que celle d'un enseignant ni, d'ailleurs, d'un animateur. L'expérience aguerrie dans la formation commerciale, le recrutement, la présentation des plans de vente lors de réunions, la définition des objectifs et l'attribution des secteurs de prospection, le suivi des résultats, l'obligation d'amener les conseillers à se remettre en question pour se conformer à leurs chiffres annoncés, pour se dépasser sans arrêt, et la gestion des éventuels problèmes relationnels intra-agence ou hors agence, impliquant l'image de l'entreprise aux yeux de la clientèle autant que l'ambiance lors des briefings internes, ainsi que les différentes approches de résolution des conflits, présentent d'emblée une différence majeure par rapport au rôle d'un enseignant vis-à-vis d'une salle de classe, a fortiori quand le public est plus jeune dans ce dernier cas: la vénalité, tout comme le statut qu'elle délivre aux agents de maîtrise, n'a plus aucune raison d'être dans un rapport d'élève à professeur payé par la fonction publique ou par son établissement privé, donc sur un autre tableau. Cette finalité, à elle seule, change globalement tout.
 
Un véritable meneur commercial n'a aucun intérêt à faire valoir un statut quelconque s'il n'est pas payé pour le faire. D'ailleurs, ce statut n'existe plus en formation/reconversion. Celui qui a roulé sa bosse se retrouve au même niveau que ceux, deux fois moins âgés que lui, qui n'ont connu que les études. Voilà la vérité. Il faut être mal informé pour s'imaginer que l'expérience va parler d'elle-même, qu'elle va forcer l'admiration et le respect des autres étudiants. Déjà, en quittant son bureau le soir, un manager peut retrouver en lambeaux la veste qu'il avait laissée le matin sur le porte-manteau à l'entrée. Autre situation désormais classique, celle du responsable des ressources humaines séquestré par les salariés. Les candidats en début de professionnalisation, s'ils doivent accorder leur écoute spontanée à des aînés de leur groupe, le feront pour des motifs qui n'ont de rapport ni avec les compétences, ni avec l'expérience, ni même avec l'habitude des échanges collectifs, mais en se basant plutôt sur des critères relevant de la personnalité, des affinités intersubjectives dont il serait même trop long d'énumérer, dans l'absolu et conjoncturellement, la manière dont ces critères arrivent à s'imposer au profit des uns, au détriment des autres. Mais, en gros, si l'on fait sentir aux gens qu'ils ont en face d'eux un individu plus intéressé par l'argent que par l'humain, ils risquent de s'en apercevoir assez tôt. C'est logique. Du SONCAS, qu'ils ignorent pour la plupart, ils ne retiendront dans ce contexte que la seule sympathie, et feront fi du reste si cette dernière tarde à se manifester.   
 
Ce socle fragile, peu enclin à faciliter la communication entre candidats d'horizons différents, se verra encore affaibli par la méconnaissance que les enseignants et les étudiants ont du monde de l'entreprise en général et de l'entreprise commerciale en particulier. A la base, il faut déjà se battre contre les préjugés tenaces qui gangrènent les représentations nourries par les opérateurs eux-mêmes. On a droit, sans aucun discernement, à toute la panoplie lexicale sur le bagou, l'assurance, l'éloquence, les traits de caractères supposés révélateurs de telle ou telle profession voire, pour les plus zélés, l'analyse transactionnelle et son universalité supposée. Toutes ces idées reçues ont beau avoir été invalidées scientifiquement, même les professeurs tombent dans le panneau et surtout eux, qui souscrivent d'autant plus volontiers à la caricature que certains entrepreneurs veulent leur donner raison, pour ne rien dire du jugement estudiantin naïf, manipulable à souhait par la seule autorité légitime qu'ils doivent reconnaître en l'occurrence, celle de leurs enseignants.
 
Le mythe perdure alors, du quadra qui a tout réussi et qui ne devient prof que parce qu'il a toujours été excellent en tout, passant d'un domaine à l'autre comme un éternel battant, à cette seule condition détenteur d'une garantie de ne pas voir remis en cause son parcours professionnel. Ainsi se retrouvent confondus le chef de bande et celui qui mange à la cantine avec ses camarades ou, a contrario, celui qui doit encore travailler dur pour trouver ses marques et le solitaire inconditionnel, sans nuance ni partage. Telle est, à ce stade, la source de biais et d'irrégularités potentielles, consistant à casser l'image d'un élément dont ils ne comprennent pas le cheminement, parce qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent. Dans les affaires, on travaille en équipe pour gagner de l'argent. Après, chacun rentre chez soi, sauf amitiés facultatives. Si les temps sont durs et qu'il faut retourner sur le banc des écoliers dans l'espoir d'un nouveau métier, on travaillera efficacement avec ses collègues quand on sera en poste, point barre. Au stade du déconditionnement/reconditionnement propice et nécessaire à l'acquisition de nouvelles compétences spécifiques, succèdera celui de la synthèse et de la réintroduction des anciennes compétences en plus des compétences plus générales. Dans l'optique du concours et hormis les groupes de travail proposés en classe, réviser en solo ou en équipe doit être laissé à la discrétion de chacun. En revanche, ce qui doit circuler entre tous, c'est l'information pertinente. La rétention, en formation comme en entreprise, doit être combattue et proscrite. Pour le reste, il faut éviter de parler à tort et à travers de ce que l'on ignore. Le jour où l'on jettera un enseignant dans l'arène de la vente directe, il perdra tous ses moyens, tremblera et vacillera comme n'importe quel débutant. Et il découvrira, pour la vivre enfin, la dure réalité que le marketing parvient à dissimuler au grand public.

Reprise et suite en cliquant sur les liens suivants:
http://cestlaguerre.hautetfort.com/archive/2014/09/27/direction-1-1-vers-un-proces-de-l-education-nationale-5456169.html
http://cestlaguerre.hautetfort.com/archive/2014/09/25/trois-directions-pour-commencer-5455067.html
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