[Poésie] "Avant le silence" par D. H. T. (2013-2014)

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[Poésie] "Avant le silence" par D. H. T. (2013-2014)

Message par D. H. T. le Sam 22 Mar - 22:20

Avant le silence

Vint le jour où l'hôte des brumes,
Dans sa marche sous le joug du désordre infini,
Se fraya un passage
Entre rêves pour les morts et chimères pour les aveugles.

Pour elle, une pierre entre les mains,
De froid, de feu, d'incision, de baume,
Il gravissait des montagnes
Puis se jetait dans le vide.

Une vallée en souffrance
Déployait ses légions contre l'oiseau
Qui, d'un battement d'aile,
Avait blessé le vent.

Ce fugitif dans l’abîme,
Par-delà les monts, les sommets,
La dernière chance d’éteindre l’incendie,
Volait, glissait, comme un écran de fumée sur l’eau douce.

L'espace à perte de vue se cachait encore
Tantôt derrière le brouillard, tantôt dans l'air nocturne,
Quand ce n'était parmi les grains
De la tempête, du sablier, des heures vouées à l'oubli.

L'aurore des instants gracieux, matin printanier,
Brasier intense en plein cœur,
Douceur à fleur de peau sous le soleil,
Montra au pèlerin les jeunes couleurs du ciel.

Sur les remparts d’une citadelle, où se brisaient
Les corps meurtris par l’espoir à force de résistance,
Il se revit tenir une main qui tenait la sienne,
La main de celle qu’il avait tant aimée.

Le visage en proie aux éléments,
Face à l’horizon marin fixe et trouble,
L’observateur minéral découvrit la nature
Ambivalente de la sérénité.

Il la contemplait se tenant droite,
Pendant des heures, pendant des siècles, l’esprit
A l’affût des nuages, des étoiles, des idées,
Avant de plonger, de se rafraîchir au creux des vagues.

Sa masse émergeait, l’œil en flammes, orbe
Irradiant les océans, les sirènes violées,
Ivres et amères, oranges sanguines,
Bientôt à la torpeur dans la pénombre.

Ici, maintenant, ailleurs, la puissance
Tranquille emportait morts et vifs
Dans la clarté des rivières,
Surface unie aux pierres profondes.

Un édifice de présence aux allures totémiques,
Dressé au beau milieu du courant,
Prêt à se relever ou à disparaître en stoïcien,
Accordait loisir à quiconque de le contourner à sa guise.

L’orage, percussion, bruit et brûlure, annonçant le retour
De l’hiver, femme noyée sous la boue,
L’affliction du prédateur découlait en ligne droite
De la faiblesse des autres, non du courage qu’ils n’avaient pas.

Ainsi que tant d'âmes,
Le bénirent violence d'apocalypse
Et sustentation, via son retour,
De la lutte nouvelle par l'ancienne agonie.


D. H. T.

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