[Loisirs] Pauvres loisirs

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[Loisirs] Pauvres loisirs

Message par D. H. T. le Sam 29 Mar - 15:30

Pauvres loisirs

Ils se raccrochent à leur auto-satisfecit illusoire, car ils n'ont plus que ça... Sortie dans la précipitation, la PS4 de Sony confirme l'adhésion à un consumérisme bas de gamme, le règne du jetable et de l'obsolescence programmée, consistant à produire plus au moindre coût pour vendre davantage au plus grand nombre, en ratissant large. Cette tendance existe au moins depuis les années 1990, où la promotion ouverte, massive et consensuelle du téléchargement illégal a fait, cyniquement, le jeu d'un marché imposant le support numérique au détriment de la qualité du support matériel. Les consommateurs se font avoir mais personne ou prou ne bronche, sauf quand il s'agit de voler au secours de la corruption ambiante et du délitement.

Il suffit de se rendre dans un magasin de jeux vidéo pour comprendre que le département marketing de Sony ne fait pas correctement son travail. Sinon il y aurait une remontée des joueurs qui réclament:
- des consoles garanties dix ans (les PS2 achetées en 2001 marchent toujours);
- la rétrocompatibilité jusqu'à la première PS;
- la possibilité de sauvegarder ses parties sur des cartouches amovibles, sans passer par le service en ligne;
- le dézonage.
(Ceci dit, dans l'ordre des vraies priorités, on réclame avant tout du travail, de bons salaires, etc. L'ameublement du temps libre vient loin derrière, parfois faute de temps libre justement.)

Comme un problème léger en cache parfois un plus grave, la déliquescence de l'industrie des loisirs, à l'instar de l'humanité dans son ensemble, va de paire avec l'épuisement des ressources naturelles. Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir le lien entre la régression d'une qualité de vie et l'environnement qui la supporte, sans rien dire de la majorité qui n'a jamais joué, faute de moyens, à laquelle la minorité restante se joindra en boycottant les nouvelles consoles de jeu, faute de plaisir. Dans la foulée, on enverra valser les Smartphones, tablettes et autres gadgets pourris dont certains informaticiens mal inspirés continuent à faire la promotion active jusque dans les écoles.

Outre la plupart des jeux vidéo de cette époque-poubelle que représentent les années 2014 commémorant la première guerre mondiale, l'état des lieux des divertissements qui ne divertissent pas et dont, de ce fait, on gagne à se détourner, se poursuit avec les grosses productions cinématographiques, dont les films de Tarantino depuis que ce dernier se vautre dans la fange du racisme mélodramatique le plus ordurier, sans oublier, par ailleurs, les blockbusters procédant à un énième recyclage des séries de super-héros. Après l'époque, plus convaincante, allant de "Incassable" à "Watchmen" en passant par "Sin City", la décence aurait consisté soit à faire mieux, soit à s'abstenir.

On citera également les albums de bande dessinée qui, publiés par milliers chaque année, se ressemblent tous, avec des scénarios au kilomètre sur des thèmes usés, le même dessin a-stylistique et standardisé, les sempiternelles techniques Photoshop de colorisation basique. Quant aux auteurs prétendument artistiques, encore faut-il faire la part entre les vrais indépendants, rarissimes, et les imposteurs, ceux qui semblent œuvrer dans le fanzinat tout en acclamant la reprise d'Astérix par Ferri ou le sacre de Larcenet, chevalier salonnard des arts et lettres du copinage, par le régime socialiste adoubant la clique des parasites d'Angoulême et la politique des quotas culturels, laquelle s'est toujours échinée à promouvoir ce que la France commet de pire en la matière.

Puisque le fil rouge de ces quelques lignes, depuis le début, vise à pointer du doigt les productivismes publicitaires qui, dans leur caniveau, ont en commun d'être assez bêtes pour se saborder eux-mêmes, on ne terminera pas cet inventaire rapide sans évoquer la communication lamentable des principaux forums de discussion attenants (BD, graphisme, etc.), soi disant "espaces de délassement" dont certains, parmi les plus notoires, ne sont depuis les années 2000 que des dépotoirs d'insultes, d'attaques personnelles, de calomnies et de spéculations sur la mort des personnalités (à l'exception notable, bien entendu, de leurs amis éditeurs, libraires, dessinateurs ou scénaristes), ce avec la complaisance totale des administrateurs, dont la teneur des fréquentations n'excède pas leur propre mérite.
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D. H. T.
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