[Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

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[Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Mar 20 Mai - 9:47

Désaccords majeurs ou mineurs

Désaccord #1: généralités.

S'il fallait intervenir à chaque fois que quelqu'un, même sans le savoir, affirme ou argumente contre vos convictions, vous passeriez votre temps à manifester votre désaccord avec les autres, et c'est valable dans tous les domaines: il y a autant de points de vue différents sur la vente qu'il y a de commerciaux dans une agence, autant de visions de la formation qu'il existe de formateurs pour en débattre, etc. Sans parler de la politique, laquelle, en dépit de l'inertie et de la tiédeur dont fait preuve l'Occident post-industriel envers et contre la crise et le chômage persistants, demeure une perpétuelle foire à l'empoigne.

Plutôt que de réagir à tout bout de champ, sauf si votre intérêt l'exige ou si quelqu'un tente de vous imposer une ligne de conduite à l'encontre de vos droits légitimes, il vaut mieux noter les désaccords, choses vues ou entendues, avec des pistes de réfutation. Tout bloc-notes contribuera ainsi à nourrir et à consolider une éthique personnelle, sans ruer dans les brancards à longueur de journée, cette dernière option ayant pour effet de fatiguer sans rien produire. Mieux vaut être un renard qu'un hérisson. Car il y a des raisons de se fâcher pour tout, à commencer par l'attitude de ceux qui, censés rédiger un contrat, en oublient une clause importante et viennent vous trouver, plusieurs mois après, en s'étonnant de ne pas vous en avoir parlé...


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Mar 20 Mai - 10:08

Désaccord #2: réponse à ceux qui pensent que les règles sont moins restrictives que les lois et donc supérieures à ces dernières.

Les meilleures intentions vous aveuglent. Parmi les prescriptions en termes de conduite, valables ou non, il y a au moins trois distinctions à faire: l'ordre juridique, les civilités, les groupes de pression. Pour estimer qu'une loi officielle est inique, il faut se trouver lésé dans ses aspirations personnelles fondamentales, et pouvoir en apporter la preuve; la déclaration universelle des droits de l'homme, partout où elle s'applique, est censée couper l'herbe sous le pied de toute dérive portant sur le minimum que chacun peut attendre d'un régime politique digne de ce nom.

Hormis ce genre de cas problématique, l'Etat de droit reste la référence, car sa vocation est de mettre tout le monde d'accord sans léser personne, seul l'ordre officiel s'élevant au-dessus de la mauvaise foi partisane, quel que soit son bord. Aucun texte n'oblige à dire "bonjour", mais la politesse contribue au respect: ce n'est pas une loi mais une bonne règle. En revanche, certains entrepreneurs ou fonctionnaires véreux aimeraient bien légitimer les méthodes d'investigation ésotériques en RH, faire intrusion dans la vie privée des candidats, etc. Ils estiment sans doute que ces soi disant règles les placent au-dessus des lois. Ils ouvrent ainsi la porte à la mafia, et par conséquent se trompent lourdement.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Mar 20 Mai - 10:28

Désaccord #3: réponse à ceux qui pensent que l'eau potable dans les foyers devient une absurdité coûteuse.

L'eau potable est toujours une garantie de qualité, même quand on ne la boit pas. Elle réduit les risques sanitaires. On s'en sert toujours pour cuisiner, pour se brosser les dents. Quand on n'a plus de bouteille chez soi et que les magasins sont fermés, elle nous dépanne. Que l'eau des douches puisse être stockée puis réutilisée afin de tirer la chasse, cette idée, tant économiquement qu'écologiquement, mériterait d'être étudiée. Mais son application ne réduirait pas les coûts occasionnés par la mise à disposition de l'eau potable au robinet. Supprimer cette dernière constituerait une grave atteinte à la qualité de vie, et mettrait à mal un rempart législatif et technique important visant à protéger les citoyens contre les industries polluantes, dont on sait combien elles sont peu scrupuleuses. Il est inquiétant que certaines personnes cherchent à s'attaquer aux acquits les plus bénéfiques au regard de la santé, du confort et du bien-être.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Dim 25 Mai - 9:21

Désaccord #4: réponse à ceux qui pensent que l'on ne travaille bien que par affinités.

Autant le dire carrément: ceux qui n'arrivent à travailler qu'avec leurs copains ne sont pas des professionnels, mais des fumistes et des amateurs de la pire espèce. Que certains d'entre eux soient libéraux (médecins, avocats ou autres), universitaires, hauts fonctionnaires, cadres ou même dirigeants de grandes sociétés, en dit long sur le climat de réseautage et de mièvrerie qui gangrène la civilisation. Il faudrait tous les recycler, leur donner des jobs de smicards dans des snacks ou dans des conciergeries, car leur rapport au marché n'a guère plus de valeur. Un véritable professionnel ne pense pas amitié ni société quand il travaille: ses considérations sont purement professionnelles. Il y a des objectifs à réaliser, techniques, alimentaires ou chiffrés; des compétences, des méthodes et une organisation d'équipe pour y parvenir; des imprévus à envisager et à gérer par le savoir-faire et par l'expérience. La cordialité n'est qu'une valeur ajoutée.

A contrario, le boulot entre camarades du même bord aboutit invariablement à la confiscation de l'emploi par telle ou telle bande. Il favorise les affres et l'inefficacité d'un système qui se complaît dans le chômage au lieu de viser le plein emploi, à force de dresser des barrières sur la route de ceux qui ne demandent pourtant qu'à fournir un honnête labeur. Autant le "vivre ensemble" n'est qu'une ineptie, dont ses promoteurs sont les premiers à se détourner, ce qui révèle une fois de plus leur inconséquence, dans la mesure où déterminer avec qui l'on va vivre n'est qu'un choix personnel, autant le "travailler ensemble" ne sera jamais un phénomène de mode: sauf immense fortune, tout le monde aura toujours besoin de travailler, et on aura toujours besoin d'une part maximale d'actifs face à l'ampleur des projets, dont la survie n'est pas le moindre. Exit le copinage, vive la méritocratie et l'huile de coude.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Dim 25 Mai - 10:19

Désaccord #5: réponse à ceux qui pensent que la politique n'est qu'une affaire de blocs et d'appareils.

La misère sanitaire, matérielle et financière dans laquelle le commun des mortels s'est englué n'a sans doute pour égale que la misère de son offre en matière de propositions d'action à grande échelle, tant sur le plan interpolitique (échanges internationaux) que sur le plan intrapolitique (débats nationaux). D'un côté, la décadence des anciennes puissances coloniales, qui après avoir lâchement exploité la faiblesse des autres, se réfugie dans son orgueil délirant et prétend pouvoir donner des leçons de respect au reste du monde, ne rencontre comme adversité apparente que celle de régimes pseudo-tiers-mondistes corrompus, vivant sur l'asservissement de leur population dans une rhétorique anti-occidentale dont la sincérité peine à l'emporter sur le calcul sordide. D'un autre côté, les enjeux de chaque électorat dans le cadre de ses propres frontières donnent raison au désabusement face à une bipolarisation factice, dont on voit en France que la banalisation des réseaux mafieux qu'elle encourage tend à décrire un arc républicain étendu entre les extrêmes désignés: le consensus social-libéral, selon un accord tacite, cèdera sa place au nationalisme violent dès lors qu'il s'agira pour le régime de faire valoir ses derniers atouts dans la mainmise de l'Hexagone sur les ressources africaines.

Même si la culture historique et politique laisse à disposition toute sa richesse, qu'il suffit d'étudier en détail pour lutter intellectuellement contre les dangers du simplisme, ce climat délétère n'offre pas les conditions propices au développement d'une programmation sélective, fine et combinatoire. Aussi longtemps que les mêmes puissances garderont leur monopole sur les décisions appliquées, les modes de pensée alternatifs contrés par la censure de l'omerta ne pourront pas se faire entendre. Et la bonne alternative commencerait, en l'occurrence, avec la possibilité de concilier certaines orientations pourtant présentées comme inconciliables selon le discours dominant des blocs et des appareils, homogène et monolithique envers et contre toute subtilité. Ainsi, sans pour autant cautionner toutes les mesures entreprises en économie par des chefs d'Etat africains tels que Goodluck Jonathan et Yoweri Musevini, force est de reconnaître et de saluer leur courage dans leur volonté de défendre les valeurs traditionnelles sur le plan des mœurs, force est de soutenir leur cause et de s'en porter fièrement solidaire. Les pays d'Europe et les Etats-Unis feraient bien de s'en inspirer, car la frénésie urbaine et consumériste dans laquelle ces pays ont entraîné le monde depuis plus de deux siècles, soi disant au nom du progrès et de la raison, n'a fait qu'éloigner davantage l'être humain de l'ordre naturel des choses, l'union de l'homme et de la femme, la seule union qui mérite d'être mise en avant, équilibre universel oblige.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Lun 26 Mai - 18:01

Désaccord #6: réponse à ceux qui pensent que droits de l'homme et théocraties sont incompatibles.

Le monde entier incite à penser selon ce clivage. Raison de plus pour aller au-delà. Il y a déjà matière à développer chaque notion en débordant le cadre communément admis. Déjà, pourquoi se limiter aux droits de l'homme alors que l'on pourrait défendre les droits de l'individu? Il est moins réducteur de se penser soi-même dans son individualité plutôt que dans son humanité. L'individualité dépasse non seulement la sexualité (alors que le terme d'homme reste ici ambigu, désignant l'espèce par son seul représentant masculin) mais aussi l'appartenance à l'espèce (aborder les droits de l'individu, c'est faciliter la prise en compte des droits des animaux, voire des végétaux ou même de l'écosystème tout entier, reconnu comme un individu à part entière et doté de droits propres, ces droits qui reviennent à la nature sacrée, si bien ressentie par certains peuples sauvages). Chacun, en même temps, continuera à s'appréhender dans son identité humaine et sexuée caractérisant les différences individuelles: différences entre hommes et femmes, différences entre humains et autres espèces, l'important étant d'accorder à l'individualité, dans toute sa diversité fondatrice et légitime, le respect qu'elle mérite.

Cette immanence du sacré dans la divinité naturelle révèle le lien profond qui relie, malgré elles, les aspirations démocratiques et théocratiques. Il existe une mystique de l'individu inscrite dans l'ordre naturel des choses, la volonté viscérale d'assurer sa survie contre ses prédateurs et contre ses ennemis, volonté formant le socle d'une aspiration à l'amour-propre, au respect de soi, de son intégrité physique et psychologique, de sa propriété matérielle et vénale comme autant de moyens de continuer à assurer cette survie et cette optimisation du développement personnel. Un tel effort finit par susciter l'éveil de la conscience sur les questions ayant trait à l'au-delà, à l'éventualité d'un devenir, retour à la poussière ou prolongement du souci de se parfaire par-delà vie et mort. L'interrogation métaphysique ou spirituelle s'appuie sur les mêmes principes que les préoccupations plus matérielles qui l'ont amenée, par l'expérience ou par la réminiscence, au sein de la condition vivante et mortelle: il s'agit de l'étonnement face à la découverte d'invariants à la fois logiques, rationnels et empiriques, préalables mentaux à l'élaboration, pouvant être vécue comme une révélation, de préceptes dont la forme varie selon les civilisations. Toujours est-il que démocraties et théocraties se sont séparées d'un tronc commun, davantage qu'elles n'ont émergé indépendamment les unes des autres. C'est un fait historique.

Le but n'est pas de prétendre naïvement qu'un pays comme l'Afghanistan ouvrira un jour ses portes à l'idéologie des droits de l'homme avec une facilité inconditionnelle, ni que la France acceptera de remettre en cause ses blocages systématiques, présents depuis la Révolution, face à la réintégration de tout apport religieux au débat parlementaire. Mais au-delà de l'aspect artificiel de certaines alliances souterraines, comme cet étrange triangle géopolitique formé par les Etats-Unis, Israël et l'Arabie Saoudite, la mondialisation a provoqué l'hypertrophie de mécanismes qui incitent les cultures, envers et contre leur volonté, à déteindre les unes sur les autres, témoin le multiculturalisme britannique. Malgré la dérégulation mondiale subsiste l'espoir ténu d'un renversement de situation qui aurait pour résultat, dans un avenir certes improbable, la mise en place d'un Etat mondial ou d'une entité hyper-étatique, dotée d'un véritable gouvernement à l'autorité unanimement reconnue par l'ensemble des nations. L'imagination de ce scénario laisse la place à une théorie que l'on pourrait qualifier de diffusion idéologique réciproque.

Qu'est-ce donc que la théorie de la diffusion idéologique réciproque? C'est l'énoncé des conditions qui rendraient un tel Etat mondial acceptable par tous. Les uns diffuseraient leur idéologie, à condition que les autres puissent en faire de même. Une atténuation pacifique s'ensuivrait. Les uns exigeraient des autres que l'on mette fin aux actes de torture, et les autres demanderaient aux uns à ce que les valeurs traditionnelles du mariage soient restaurées. Sodome et Gomorrhe retourneraient dans l'ombre de la marginalité, leur seule place raisonnable. Et personne ne subirait plus aucune exaction. D'aucuns crieront à l'utopie. Mais n'y a-t-il pas lieu de constater que les fermetures de la discussion n'émanent pas exclusivement des pays les plus pauvres et les plus stigmatisés? Les pionniers des droits de l'homme ont-ils encore oublié à quel point l'humanisme incarne, au fond, l'illusion d'un Occident qui, depuis l'époque de la Renaissance, commet l'erreur de se croire universel? Au demeurant, on sait très bien que le plus idéal des plans, une fois projeté dans le monde, se heurte aux aspérités du terrain, se salit et se déchire. Que ces aspérités revêtent ou non l'uniforme du guerrier qui combat pour des ressources et des richesses, pour la gloire sanglante ou pour une vieille rancune, tout cela n'y change rien.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Mer 28 Mai - 14:15

Désaccord #7: réponse à ceux qui pensent que droits de l'homme et marxisme sont incompatibles.

Après les théocraties, c'est le deuxième principal versant d'incompatibilité présumée, partiellement attestée seulement, avec les droits de l'homme, dont on vient d'évoquer les limites de la notion. Dans ce contexte comme dans un autre, l'esprit d'adhésion exclusive à telle ou telle institution coupera court à toute tentative de rapprochement sémantique et pratique. En revanche, la prise de recul historique aidera au détachement, condition sine qua non de la perception d'un panorama politique rendant accessible, une fois dépassées les distorsions historiques des premiers temps et de leurs répliques même tardives, le tableau de bord incorporant inspirations marxistes et démocratiques comme autant de fonctions manipulables conjointement, bien qu'à des degrés d'ajustement correspondant à une volonté concessive. On a tous reçu ce double héritage en tant que fameux "enfants de Marx et de Coca-Cola", au prix de concessions plus ou moins marquées.

Certains inputs visuels renvoyant à des épisodes décisifs de la politique mondiale, comme par exemple l'image de la conférence de Yalta, au crépuscule de la seconde guerre mondiale, réunissant Churchill, Roosevelt et Staline, fournissent toujours une prise à l'argumentaire politique de synthèse. Bien entendu cette image a mal survécu à la Guerre Froide ainsi qu'à ses conséquences tardives, jusqu'aux tensions qui opposent encore l'Amérique d'Obama à la Russie de Poutine autour, notamment, des ressources gazières avec une Europe prise en tenaille, même si l'on peut douter de la justesse d'une référence au marxisme et à la démocratie dans un contexte de ploutocratie oligarchique globalisée. Cependant, les deux blocs se sont un jour retrouvés autour de la lutte contre un ennemi commun, le nazisme, et la persistance tragique du génocide antisémite dans les mémoires doit toujours inciter les générations présentes et futures à réfléchir sur le bénéfice qu'elles pourraient retirer d'une ouverture des voies sans issue partisanes.

Il y a moyen de plonger encore plus loin dans l'Histoire. Ce que l'héritage de la pensée de Marx, d'une part, et la déclaration universelle des droits de l'homme, d'autre part, partagent depuis leurs origines respectives, c'est une même toile de fond qui a rendu possible leur émergence. La route fut longue, qui mena aux bouleversements politiques et industriels des temps modernes. L'éclosion sembla brutale et sans transitions, mais les signes des luttes qui engagèrent ouvriers contre propriétaires des moyens de production avaient transparu dans les temps les plus immémoriaux. Il n'y a pas de différence de nature entre le chevalier qui brutalise les paysans, ce même chevalier que l'Eglise envoie en croisades pour focaliser sa violence contre un ennemi extérieur, et le patron qui, après avoir exploité sa main d'œuvre au fond des mines, délocalise la production et se pose en pourvoyeur d'une économie de services.

Depuis qu'elle existe officiellement, la gauche censée représenter le Tiers état n'a jamais été brillante. Elle portait la vision d'un espoir, qui a toujours été trahi par son acharnement à vouloir détruire l'Etat au lieu de le renforcer pour l'ériger en arme contre l'injustice. De compromissions syndicales en promotions bureaucratiques, elle n'a cessé de faire le jeu de la désertion. A l'époque post-moderne, sa situation touche le fond, et plus bas encore. C'est désormais ouvertement qu'elle se résigne aux magouilles. Le Gavroche à casquette montre son vrai visage: celui du cynisme. Libéraux et libertaires convergent dans le dérèglement libéral-libertaire. Le piège de l'Etat-providence malade achève de laminer les services publics, qu'aucun parti politique, hélas, ne cherche plus à défendre. La figure du citoyen survit malgré un monde qui ne veut plus d'elle. Ce citoyen a autant intérêt à pouvoir compter sur l'appui d'une organisation politique solide à grande échelle, que sur le respect de ses droits. Qu'il donne raison à Marx pour la lutte, et tort à la déchéance de l'Etat. Qu'il remonte le fil hégélien de la civilisation à son summum, et il réalisera que son propre bien-être individuel compte tout autant que celui de son groupe d'appartenance.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Dim 1 Juin - 13:06

Désaccord #8: réponse à ceux qui soutiennent la libéralisation des services publics.

Il s'agit généralement de personnes qui n'en seront pas affectées. L'exemple de la distribution du courrier est assez éloquent. Il apparaît comme improbable que les quartiers les plus fortunés, où le prix du mètre carré habitable est plus élevé qu'ailleurs, soient autant touchés par les carences de La Poste que les cités, barres d'immeubles et autres périphéries désœuvrées. La comparaison avec la police n'outrepasse pas les faits observables: certes on rencontre parfois un commissariat flambant neuf juste en face d'une zone réputée pour les méfaits de sa petite délinquance, mais dans l'ensemble les agents, à suivre des priorités, s'occupent avant tout de la sécurité des riches. Les facteurs suivent la même pente. Le contribuable de base ne sait pas vraiment où vont ses impôts. Ce qu'il peut constater, c'est que de moins en moins de moyens sont investis dans les fonctions de l'Etat censées agir dans l'intérêt de tous. Et plus une institution dispose de faibles moyens, plus ses usagers souffrent des dysfonctionnements qui en résultent.

Adieu le temps où un même fonctionnaire se voyait chargé de la tournée dans un quartier de manière pérenne, maintenant on n'a plus que des remplaçants de remplaçants, avec des lettres attendues qui n'arrivent pas ou qui arrivent avec quinze jours de retard, de jeunes distributeurs qui ne connaissent pas leur secteur, dont on ne sait pas s'ils ont terminé leur formation ou non, et que l'on surprend parfois occupés à boire et à fumer près d'un terrain de pétanque au lieu de faire leur travail. Outre les graves complications que ces manquements peuvent entraîner (radiations ou poursuites administratives contre un résident dont la seule faute commise est de ne pas avoir reçu la lettre de rappel de trop), le quidam en vient à subir une situation de chantage et de prise en otage à cause du déni qui s'insinue dans les habitudes: les réclamations n'aboutissent pas car la hiérarchie couvre ses lampistes, et impossible de continuer sans eux pourtant.

Il faut donc insister, puis prendre le nom des exécutants et de leurs chefs afin de tenter de déposer plainte auprès des forces de l'ordre, voire d'inciter à une enquête pour s'assurer qu'il n'y a pas de complicités dans le voisinage. Sinon, ce même laxisme pousse la population à considérer qu'une usurpation d'identité n'est pas un crime violent, ou encore que tout le monde devra se résigner un jour à vivre au milieu des poubelles qui s'entassent dans les rues, comme c'est banalement le cas, par périodes, dans le sud de l'Italie. Il faut continuer à se battre avec des armes légales pour refuser la décadence, même si ce combat s'avère long, pénible, coûteux et surtout solitaire. On gardera contact avec tous les organismes impliqués, on les informera régulièrement de la stabilité de son adresse postale, on se renseignera au moins une fois par mois sur les avis et factures, on privilégiera autant que possible les prélèvements automatiques et on procèdera soi-même au suivi du courrier que les professionnels du secteur ont abandonné, jusqu'au jour où, par chance, on arrivera peut-être à compromettre les responsables. Sans relâche, on luttera encore et toujours par tout moyen de droit.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Dim 20 Juil - 19:58

Désaccord #9: réponse à ceux qui assimilent une rébellion légitime au rejet de l'Etat de droit.

Voilà encore la démonstration, navrante à défaut d'être surprenante, de l'indigence intellectuelle qui caractérise le discours des vulgaires suiveurs acquis à la cause mafieuse de la social-démocratie. Car il n'y a rien de plus bassement consensuel, ni de plus faux, que de se faire l'avocat officieux des voyous et des voleurs. Voir le point concernant, aux dires de certains, la prétendue supériorité des règles sur les lois. C'est aussi une nouvelle occasion de statuer, à toutes fins utiles, sur la légitimité éventuelle d'une rébellion, que l'on définira comme le rejet d'une prétention à l'autorité. Il ne suffit pas, en effet, de s'autoproclamer autorité pour en bénéficier du titre et du pouvoir. L'Etat est officiel, il consacre l'identité nationale, supranationale voire fédérale d'un peuple ou d'un ensemble de peuples autour d'une communauté de valeurs historiques, géographiques, linguistiques et culturelles, assurant à l'ensemble de ses citoyens la référence unanime à un code juridique valable pour la défense des droits de chacune et de chacun, devant les tribunaux érigés au-dessus des groupes de complaisance.

D'où il ressort, à moins de faire la preuve d'une loi inique car contraire aux libertés fondamentales, celles qui n'engagent que l'individu dans les limites du territoire de sa propre existence à la condition de respecter les libertés d'autrui, afin que jamais un civil n'ait l'outrecuidance, au-delà des seules hiérarchies professionnelles, de se décréter supérieur à un autre civil, que la seule rébellion légitime est celle des partisans de l'Etat contre les apologistes du crime, de la délinquance et de la corruption. Les vrais rebelles, les bons rebelles, ce sont les partisans de l'Etat contre l'oppression que constituent les réunions informelles et les réseaux confraternels. La vraie et bonne rébellion, c'est l'Etat contre la société, ce sont les honnêtes gens contre la canaille, ce sont ceux qui paient leur place contre les resquilleurs, avec la force et le courage de ceux qui osent encore juger et condamner. C'est aussi la connaissance de ses droits et la volonté de les défendre, comme par exemple le droit d'ignorer son patron avec mépris, mais sans violence, quand on le croise dans la rue: en-dehors des heures de travail, il n'y a plus de hiérarchie qui tienne, hormis la suprématie du droit dans l'intérêt même des individus, aussi longtemps que le droit s'attache à préserver cet intérêt dans la réciprocité générale.


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Re: [Style de vie] Désaccords majeurs ou mineurs

Message par D. H. T. le Dim 20 Juil - 21:10

Désaccord #10: réponse à ceux qui, empêtrés dans une vision scolaire de l'Histoire, n'ont pas encore dépassé la dichotomie entre étatisme et anarchisme.

Traditionnellement les doctrines anarchistes se définissent en rupture avec l'idée d'Etat et cette même logique, que chacun reprend à son compte, amène à constater une incompatibilité entre l'anarchisme et l'étatisme. Or, il est possible d'être totalement anarchiste sur certains plans et totalement étatiste sur d'autres. On peut ne pas compter sur autrui tout en comptant sur l'autorité de l'Etat. Sur quel plan peut-on se dire anarchiste dès lors? Sur le plan strictement individuel, selon la conviction que chacun est absolument libre de faire ce que bon lui semble de sa propre vie à partir du moment où il n'empiète pas sur celle d'autrui. Et c'est, si l'on va au bout du raisonnement, une attitude proprement anarchiste. Car les autres doctrines, qui admettent que l'individu puisse faire des concessions à la société sur des questions privées, constituent une négation de la liberté individuelle: celles qui s'opposent par exemple à l'euthanasie et au suicide, ou au port d'arme civil à des fins défensives. Pourtant la finalité de l'anarchisme, même appliquée partiellement à certains domaines, est bien l'émancipation de l'individu, ce même individu qui affirme, à juste titre: "C'est à moi de décider quand je veux mourir", ou: "J'ai le droit d'avoir une arme pour me défendre". Ce qui est encore plus intéressant, c'est de mettre en lumière le fait que l'Etat, en tant qu'entité politique, officielle, autoritaire, garante du droit de chacun mais aussi de la solidarité par les services publics, peut justement permettre à l'individu de s'émanciper de la société et de la morale collective par l'affirmation des droits individuels fondamentaux. C'est un paradoxe au regard d'une définition communément admise de l'anarchisme, mais c'est finalement une conclusion logique. Cette même conception de la liberté individuelle dans l'Etat amène à réfuter tout dogme qui pourrait la remettre en question dans une quelconque mesure, ce qui va non seulement à l'encontre des abus dans les religions, mais aussi des doctrines ésotériques, des confréries, des réseaux informels, des milieux sociaux, des pressions sociales et, plus généralement, de toute autorité officieuse qui, par la hiérarchie ou par l'ajout de règles supplémentaires, pourrait constituer un renoncement à ce que chacun est, en définitive, en droit d'attendre: rester seul maître de sa vie, à l'exclusion de tout autre maître, de tout dieu et de toute prétendue transcendance, sauf croyance sincère et spontanée. Mais que jamais, en aucun cas, un être humain ne courbe l'échine devant un autre être humain.

En tant qu'individu on a le droit de n'adhérer à aucune religion, de ne faire partie d'aucune confrérie, de ne fréquenter aucun club, et même de refuser de parler à ses voisins, de refuser de voir ses collègues en-dehors du travail, etc. Non seulement un tel individualisme est parfaitement fondé sur le plan du droit comme sur le plan de l'éthique parce que c'est une décision personnelle qui n'engage que soi, mais en plus elle ne doit en aucun cas pénaliser la personne concernée, ni à titre professionnel ni à titre privé. Or c'est là que le bât blesse dans notre monde en général et dans un pays comme la France, où l'on voit bien que, dans l'état actuel des choses, il devient de plus en plus difficile, même en étant compétent, de s'en sortir dans la vie en refusant d'avoir des relations en-dehors du travail, d'entrer dans des rapports de pouvoir officieux, de subordination implicite à des notables dont certains essaient d'obtenir les bonnes grâces par des voies détournées. A cause de la société, ce n'est plus l'Etat qui fait la loi, hélas, mais le copinage, le piston, les rapports qui se trament dans l'ombre, la mafia généralisée. Les anarchistes du dix-neuvième siècle se sont finalement trompés quand certains d'entre eux ont vu dans l'Etat l'ennemi de la liberté individuelle. L'ennemi de la liberté individuelle, ce n'est pas l'Etat qui garantit les droits individuels mais la société qui, en augmentant son influence au détriment de l'Etat, s'affirme également au détriment de l'individu. Contre la société et pour la liberté individuelle, l'anarchiste ainsi défini, anarchiste dans l'Etat de droit, c'est-à-dire anarchiste pour soi et dans le respect des autres individus, trouve dans l'Etat, à la fois Etat de droit et services publics, le plus précieux des alliés, à condition que tous les droits légitimes de l'individu sur sa propre vie soient reconnus. Soyons étatistes dans notre vie publique, anarchistes dans notre vie privée.

Par fine déduction, une question se pose alors: qu'est-ce que l'altercommunisme? Si vous votez blanc faute de mieux, avec le sentiment que l'offre politique est limitée en termes d'idéologies, de représentations et de partis politiques, pensez à la possibilité d'exprimer des idées différentes, qui ouvrent sur d'autres horizons comme, par exemple, une approche combinatoire de la pensée politico-économique dépassant les clivages imposés par les médias dominants. Ce que l'on entend par communisme différemment, c'est la nécessité d'éviter les vieilles erreurs de l'Histoire, les dictatures productivistes, les Etats voyous, la guérilla mafieuse. Pour échapper à une dérive totalitaire ou criminelle du communisme, il faut instaurer un régime qui ne serait que partiellement communiste. Concrètement, le communisme d'un tel régime se manifesterait par la défense radicale et indéfectible de certains services publics: santé, éducation, justice, défense, etc. en mettant le paquet niveau moyens financiers et effectifs de façon à garantir, et ce définitivement, une solidarité d'intérêt général. Le secteur privé, lui, serait confié de préférence aux PME, dans une logique d'initiative individuelle et une politique de plein emploi facilitant toute démarche pour permettre à chacun de créer sa propre entreprise dans des domaines ne relevant pas de la fonction publique: divers produits, biens et services de consommation courante. Faciliter les démarches de ce pôle économique impliquerait, par exemple, d'exonérer les petites entreprises de tout statut payant et de toute charge sociale. On pourrait ainsi conjuguer l'entraide, secteur public, et la liberté, secteur privé, permettant à la civilisation de trouver enfin un point d'équilibre.

Cette proposition est atypique: parce que le débat institutionnel, dans l'état actuel des choses, se moque complètement et de la défense des services publics, et des petites entreprises; parce que les partis communistes n'ont traditionnellement aucune culture de PME: ils ne connaissent que les grandes entreprises et les grands travaux; parce que l'économie mixte, jusqu'à présent, n'a jamais été que l'antichambre de la destruction de l'Etat, point de convergence de toutes les idéologies modernes dans leur ostracisme, qu'elles se réclament, économiquement et politiquement, de Smith, de Marx, de Keynes, de Friedman, de l'anarchie ou du nationalisme, toutes à l'exception du communisme totalitaire justement, qui incarne l'autre excès du débat. Si vous pensez, à tort ou raison, être politiquement créatifs et porteurs de propositions que vous ne voyez jamais nulle part, cette réflexion est faite pour vous, et pour ceux qui souhaitent en débattre. Le centrisme, lui, n'est pas forcément la preuve d'une plus grande ouverture d'esprit. Le centriste, plus que tout autre, recherche le consensus, contrairement à l'antisocialiste de gauche, ou altercommuniste, qui évolue dans la confrontation. Sur le plan institutionnel, entre PS et UMP, qui sont déjà bonnet blanc et blanc bonnet, la marge de manœuvre est restreinte. C'est peut-être même la position la plus fermée qui soit, ou la plus insignifiante politiquement.

Proposons une définition de la gauche, mais d'une gauche apatride, sans représentation actuellement, et pour cause: cette définition de la gauche est en désaccord avec la gauche institutionnelle, celle du Parlement et des partis politiques existants. Il n'existerait, en ce sens, que des partis de droite. La vraie gauche aurait pour double objectif, forte des directions indiquées précédemment: réprimer les forts, par la violence s'il le faut; protéger les faibles, par la violence s'il le faut. Aucun parti politique n'est sur cette ligne idéologique dans le monde actuel, ni en France ni ailleurs. Mais au-delà de cette prise de position, ce que permet entre autres ce développement, c'est de proposer des définitions politiques que l'on n'a pas l'habitude de voir ailleurs. C'est valable non seulement pour ceux qui se réclament de la gauche, mais aussi pour les personnes qui auraient une définition alternative ou jugée atypique de la gauche différente de celle proposée, ainsi que pour les personnes de droite, du centre, de l'extrême, du royalisme ou apolitiques qui, pour des raisons différentes, ne se reconnaîtraient pas dans le moule politique en vigueur. Vite fait sur l'éducation et sur le travail: l'école devrait permettre non seulement d'acquérir des bases générales nécessaires à tout apprentissage, mais aussi à tous les jeunes de trouver un emploi plus tard. La solution serait donc d'imposer, de droit et de fait, une concertation entre le monde de l'éducation et le monde professionnel pour élaborer une politique de plein emploi. On ne vit pas de l'assistanat, donc le plein emploi devrait être une priorité pour toute politique sérieuse et digne de ce nom. Dès qu'un élève quitte l'école, que ce soit après le bac ou avant, il devrait suivre une formation professionnelle obligatoire, et ce en fonction des besoins des entreprises, en privilégiant les secteurs les plus demandeurs du moment. Ensuite le recrutement devrait se faire sur une évaluation objective des compétences et seulement sur ce critère: à tel objectif professionnel, tel savoir-faire et telles techniques pour y parvenir. Pour tout CV à formation adéquate, premier candidat arrivé, premier servi. Si ça ne marche pas, on le vire et on en prend un autre. Celui qui est viré, soit il postule ailleurs, soit il se recycle, soit il se suicide de son propre chef, sans aucune incitation extérieure. C'est le pragmatisme, un pragmatisme équitable qui plus est, une idée qui doit encore faire son chemin en France.

Voici d'autres exemples, allant à contre-courant de l'idéologie dominante et des différents partis du régime en place: récusation radicale et définitive du concept de dette publique, les Etats n'étant pas endettés et ne devant rien à personne, car il est du devoir des grosses fortunes de mettre de l'argent à disposition afin que chaque pays bénéficie de services publics de qualité; abolition des dettes, en conséquence, à commencer par la dette des pays pauvres; abolition du franc CFA, pour que les pays africains concernés aient leur propre monnaie sans compte à rendre au régime parisien; politique antinataliste d'abord nationale puis en portant ce projet à une échelle mondiale, les idéaux de solidarité publique n'étant applicables que dans le cadre d'une démographie modérée. Une meilleure compréhension de ces idées requiert aussi, peut-être, davantage de précisions. Il faut préconiser un Etat fort en tant qu'Etat de droit autoritaire pour garantir la sécurité et la liberté des individus, et en tant qu'ensemble de services publics comprenant notamment: la santé, des hôpitaux publics impeccables, fiables à 100%, l'eau, l'électricité, les transports en commun, les pompiers, le courrier, l'éducation, la recherche, la justice et la défense, et ce de manière définitive et non négociable, en investissant un maximum pour une qualité optimale dans chaque domaine. On en est loin dans le contexte actuel. Les services publics sont laissés à l'abandon, sauf en ce qui concerne la bureaucratie et le détournement de fonds publics au profit des privilèges de certains hauts fonctionnaires, et aucun parti politique n'a la moindre volonté de défendre les services publics. En revanche, dans le cadre du programme proposé, l'Etat providence serait complètement abandonné, et la bureaucratie minimisée: abolition des retraites, du chômage, des allocations logement et familiales, du remboursement public des frais de santé au profit, justement, de l'Etat de droit et des services publics, mais aussi au profit d'une politique active et volontaire de plein emploi, de type autoritaire et interventionniste, avec salaires largement adaptés au coût de la vie pour en finir avec la spirale infernale du crédit et permettre à chacun de vivre en payant comptant. Cet interventionnisme, plus avant dans le secteur privé, viserait un démantèlement progressif des grandes entreprises au profit des PME. On évoluerait vers une radicalisation de la franchise. La macro-économie serait déconstruite, autant que techniquement possible, au profit d'un vivier de petites entreprises indépendantes et uniquement imposables sur leurs revenus. Les Etats entreraient donc en guerre contre les grandes entreprises pour soumettre les marchés financiers à la volonté politique.

Rien à voir, encore une fois, avec ce à quoi on assiste dans le monde actuel, d'autant que les équilibres économiques visés par l'idéal de mesures radicales et de compensations positives nécessiteraient, comme indiqué plus haut, une régulation de la démographie par des mesures antinatalistes et par l'abandon des objectifs de croissance au profit de la préservation de l'environnement naturel. Le but, à terme, visé par l'addition: Etat de droit autoritaire + services publics de qualité + micro-économie à la portée de tous, ou réappropriation de l'économie par le citoyen de base au détriment des grands groupes et de leurs dirigeants, + antinatalisme + écologie = qualité de vie optimale à la portée de tous. Le but, autrement dit, consisterait à renverser la tendance du monde actuel, laquelle écrase l'individu par la société. Dans le schéma proposé, ce serait l'individu, aidé par un Etat autoritaire, qui finirait par écraser la société. L'individu + l'Etat contre la société, mais pas contre la civilisation, au contraire: il s'agirait également de démontrer que l'individu représente un facteur de civilisation positif bien plus que ne l'aura été le fait social, lequel n'est qu'injustice, bêtise, violence, laxisme et corruption. Le résultat de cette politique serait l'émancipation individuelle, la reconnaissance pleine et entière de l'individu, de chaque individu dans le respect réciproque, avec un Etat à son service. Le monde doit-il être nettoyé de fond en comble? Oui, et d'urgence. Si les riches et les puissants lisaient ce texte et décidaient d'en ignorer les recommandations, les solutions, elles, auraient été consignées. Si le monde n'en voulait pas, libre à lui.
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D. H. T.
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