[Edition] Auto-préfaces

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[Edition] Auto-préfaces

Message par D. H. T. le Mer 30 Juil - 20:29

Auto-préfaces

Préface de "Mars Girl", roman (septembre 2012)

Le scénario de "Mars Girl" évolue entre le thriller et la SF. La profiler new-yorkaise Kelly participe à une enquête sur la disparition de dix tueurs en série. Ces derniers ont été enlevés de leur pénitencier à la suite d'un raid commando. Dans le même temps, toujours aux Etats-Unis, des meurtres sont commis contre des savants du centre de recherche "Vivre sur Mars". Celui-ci œuvre à un projet assez secret, parallèle à celui de la NASA...

Quand j'ai écrit "Mars Girl" en 2004, je voulais rendre hommage à la culture populaire moderne à travers un roman court dont l'expression serait la plus jeune et la plus directe possible: au plus proche de l'action, privilégiant les dialogues avec un niveau de langue familier, une approche volontairement fantaisiste, caricaturale et stéréotypée des personnages et de leur environnement, de façon à créer l'équivalent littéraire exact d'un jeu vidéo, d'une série télévisée américaine ou d'un film pop-corn. En même temps, une telle démarche m'a amené à me concentrer sur la substance du scénario, d'où une certaine ascèse.

C'est en ces termes que je définirais le roman de rue, fait pour être lu dans le métro, dans le tram ou dans le bus, à ne pas confondre avec la littérature de gare, laquelle repose sur des formes grammaticales plus scolaires et moins distanciées.

"Mars Girl" a d'abord été pré-publié sur Internet en 2005. La présente édition papier, bilingue, s'accompagne d'illustrations de ma main, dont le style graphique reprend certains aspects des cultures hip-hop, punk et oï, en accord avec le ton général de l'ouvrage tel que je l'ai ressenti.

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Préface de ZSF9IKN92, bande dessinée (septembre 2013)

ZSF9IKN92, titre basé sur un code aléatoire, est une bande dessinée muette (540 planches), inspirée de mon roman "Mars Girl" et dont la composition graphique et la narration, complexes, permettent au lecteur différentes interprétations. Le style de dessin privilégie l'expressivité picturale plutôt que la technique. Ce roman graphique, ou roman d'art, a été réalisé au cours des années 2009-2010. Pour des raisons professionnelles, je ne peux généralement dessiner que le soir, le week-end et durant mes congés.

Cette édition reprend d'abord la version pré-publiée sur le web, comprenant des réglages Photoshop de luminosité, de contraste et de saturation notamment. Elle propose aussi un aperçu complet des planches originales sur papier A3, technique mixte au crayon graphite, à l'encre, au marqueur et au pastel sec ayant servi de base à l'oeuvre numérique.

La réalisation a suivi une lente maturation personnelle de mes idées paradoxales sur la bande dessinée en tant qu'art ancien, selon les couples de paramètres: planche et composition, planche et tableau, succession et tableau, chronologie et atemporalité. Les formes droites, courbes ou obliques accentuent l'effet de composition dynamique, surtout quand elles s'interpénètrent ou se mélangent. Le regard se brise. Sa vie intérieure dépasse la logique cartésienne. La mémoire du scénario devient trouble. Une fois la BD muette, seul le graphisme parle, corps et chair du contenu. Le nombre d'histoires potentielles se multiplie pour ces diverses raisons.

Les annexes, enfin, comprennent des planches de bande dessinée indépendantes du projet, des illustrations et des lectures de scénarios. Ces dernières, en s'appuyant sur un film, une bande dessinée, un jeu vidéo et une série télévisée, constituent une approche interprétative variée des logiques scénaristiques difficiles d'accès, que le lecteur pourra éventuellement utiliser dans l'aventure fictionnelle à laquelle le présent ouvrage le convie.

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Préface de 2.0, roman (mai 2013)

Entre 1992 et 2004 j'ai écrit un certain nombre de textes inachevés, une partie d'entre eux publiée chez des éditeurs niçois et désormais épuisée, les autres inédits, ceux à partir de 2001. Ces textes précèdent mon polar "Mars Girl", avec lequel j'ai commencé à me faire connaître sur le web. J'ai voulu, en les retravaillant sous une forme plus synthétique et plus aboutie, raconter l'histoire d'une évolution intellectuelle comme s'il s'agissait d'une fiction, d'où l'essai narratif, entre l'essai et le roman.

D'inspiration à la fois esthétique, psychanalytique et spirituelle, la démarche passe de la théorie à l'imaginaire, avec parfois des références attestées, notamment dans la critique d'art. Elle questionne l'individu en tant que singularité problématique et se mesure aux courants philosophiques les plus antagonistes, posant ainsi les jalons d'une pensée poétique en devenir. Le personnage principal, ce sont les mots eux-mêmes, traces d'une présence au monde.

Cette passion pour l'écriture a toujours accompagné les étapes de mon parcours. Professionnellement, mes premières expériences commerciales remontent au début des années 1990. De mon temps libre, j'ai également fait partie d'un atelier d'artistes au cours de cette même décennie, avant d'entreprendre des études littéraires puis dans la gestion. En tant que vendeur, j'ai surtout travaillé dans l'immobilier. Les aléas de l'existence ont nourri une réflexion à la fois riche et brisée, où la polyvalence s'est imposée d'elle-même.  

Si je n'avais pas dû étudier et gagner ma vie, j'aurais eu plus de temps à consacrer à l'écriture, au dessin, à la musique, et je serais arrivé plus tôt à une œuvre plus abondante. D'un autre côté, j'aurais eu moins de recul et j'aurais moins réfléchi, les caps à franchir auraient été moins décisifs et il y aurait eu davantage de redondances inutiles. Au final je ne regrette rien.

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Préface de "Last Falls", essai (juillet 2014)

Cet essai de politique-fiction, de critique musicographique populaire, de réflexivité psychologique et, en son dernier chapitre "Univers sans issue", de science-fiction, repousse les limites de la fiction dans le champ de l’essai littéraire, qui marque toujours son territoire là où la discursivité pose problème, à la lisière des concepts purs, propres à un autre type d’essai, absent ici mais désigné: l’essai philosophique.

Le fil rouge de ces chapitres arborescents et forcément complémentaires, essais dans l’essai permettant à l’essai littéraire de fonder son unité, se déroule autour d’une exigence individualiste de rigueur intellectuelle au sein même du désabusement. L’image des Dernières Chutes, inspirant son titre à l’ouvrage, renvoie aux propriétés d’une vérité qui, quel que soit le domaine abordé, se dérobe toujours, condamnant à l’échec toute tentative de synthèse absolue. Ces chutes sont les dernières quand l’échec tourne à l’acceptation salutaire de sa propre mort, l’impasse à laquelle se condamne la pensée humaine dans son ambition irrationnelle à vouloir circonscrire le grand tout.

On en retiendra certaines possibilités: politiquement, l’explicitation d’un rapprochement, hélas hors contexte historique, entre le malthusianisme radical et l’altermondialisme, entre l’étatisme et l’individualisme, entre le mysticisme et l’agnosticisme, entre l’idéalisme civilisationnel et l’écologisme extrême; esthétiquement, le constat d'une causalité réciproque entre le déclin des arts populaires ou élitistes, la décadence de l’industrie des loisirs et la régression d’une qualité de vie liée à la raréfaction des ressources environnementales; psychologiquement, l’émergence théorique d’une pensée posale, base d’un développement personnel admettant la rupture et la conflictualité comme principes de fonctionnement; scientifiquement, l’hypothèse poétique, donc ni mathématique, ni physique, d’un univers brisé, imparfaitement replié sur soi.

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D. H. T.
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